Les deux groupes ont officialisé lundi dans un communiqué commun un nouvel accord, approuvé dimanche soir par leurs conseils d'administration.

La fusion, qui débouchera sur la création "dans les meilleurs délais" en 2008 d'un groupe baptisé GDF Suez , entraîne de facto la privatisation du gazier mais l'Etat disposera d'une minorité de blocage en détenant "directement plus de 35% du capital" du nouvel ensemble.

Le nouvel accord modifie la parité de fusion, sur laquelle avait buté le projet initial, et prévoit que Suez se sépare en partie de son pôle environnement, qui regroupe ses activités dans l'eau et les déchets.

"Nous avons le contrôle, nous gardons la stratégie", a assuré lundi le Premier ministre François Fillon, ajoutant avoir "veillé à ce que le contrat de service public qui lie GDF à l'Etat soit maintenu", pour désamorcer des inquiétudes sur une éventuelle hausse des prix du gaz.

Le projet doit encore être approuvé par les actionnaires qui devraient voter oui. Les représentants des salariés seront également consultés et la Commission européenne devra confirmer son accord.

Gérard Mestrallet sera le PDG du nouvel ensemble, poste qu'il occupe actuellement chez Suez et il le "dirigera en tandem" avec Jean-François Cirelli, actuel PDG de GDF, qui deviendra vice-président et directeur général délégué.

GDF Suez devient ainsi le deuxième producteur français d'électricité derrière EDF, le premier groupe gazier en Europe et parmi les trois premières "utilities" (groupes d'énergie ou d'eau) "mondiales cotées", avec un chiffre d'affaires combiné de 72 milliards d'euros, selon le communiqué.

Les groupes ont confirmé attendre des "synergies" annuelles "de l'ordre d'un milliard d'euros à l'horizon 2013".

Pour l'Etat, ce rapprochement permettra de renforcer la sécurité d'approvisionnement en énergie de la France.

Cette nouvelle mouture de la fusion est le fruit d'intenses négociations menées sous la pression de M. Sarkozy, pour résoudre la différence de valorisation entre les deux groupes (Suez valait lundi matin plus de 51 milliards d'euros, contre 35 milliards pour GDF).

Selon le nouveau schéma, la parité de fusion est désormais fixée à une action Suez pour 0,9545 action GDF, contre une action Suez pour une action GDF auparavant.

La présidence de la République a obtenu que les actionnaires de Suez ne reçoivent pas de dividende exceptionnel, comme prévu initialement, car le versement d'un milliard d'euros aurait été dur à assumer politiquement.